DES CENTAURES DANS LA VILLE

Des centaures dans la ville52’, proposé par Bruno Evenou et Olivier Lambert.
Avec le soutien de la PROCIREP et de l’ANGOA.

Fondé il y a 20 ans par Camille et son compagnon, Manolo, le théâtre du Centaure monte des spectacles équestres audacieux et s’inscrit dans une volonté d’insertion sociale, à Marseille dans sa ville d’accueil mais aussi dans le monde entier. Régulièrement, des cavaliers, des centaures, surgissent dans la ville, là où on les attend le moins, sous les yeux ébahis des passants. Sur l’autoroute, dans les cités, les gares, le métro, les centaures galopent, se dressent, dansent, s’enlacent et disparaissent. Le théâtre du Centaure est devenu célèbre en 2013 pour avoir organisé l’incroyable TransHumance, point d’orgue des événements de Marseille, capitale de la culture. Ce jour-là, Camille, debout sur trois chevaux frisons, ouvrait la marche d’une procession de plusieurs milliers d’animaux et de 400 000 personnes à travers toute la ville. Les images ont fait le tour du monde.
À partir de juin 2016, c’est une nouvelle TransHumance qui attend la compagnie, un déménagement qui les conduira des quartiers huppés à deux pas de quartiers sensibles. Leur ambition est de s’installer sur le long terme, en construisant leur première maison, un Joglo indonésien, toujours aux portes des Calanques.
La migration du Théâtre du Centaure ne sera pas seulement physique et géographique, elle sera aussi une migration sociale radicale. Leurs nouveaux voisins seront les habitants des cités de la Soude et de la Cayolle, deux quartiers gangrénés pas les trafics et les règlements de compte.
Camille et Manolo entendent casser les frontières en impliquant les populations locales dans leurs performances, des actions sociales qu’ils mènent sur le long terme envers tous les oubliés, dont les femmes prisonnières des Baumettes. Dans tous les cas, il s’agit de les centauriser, c’est-à-dire utiliser le cheval comme médiateur entre l’homme et la société, entre le corps et l’esprit, pour se découvrir et exprimer sa sensibilité.